dimanche 17 mai 2015

[Focus] Musique électronique - Partie 3 (La scène Française)

Dernière partie (pour le moment) sur ce focus sur la musique électronique. Après avoir rapidement évoqué les débuts du style, puis s'être concentré sur l'apogée de l'électro ambiant et expérimental dans les années 90, penchons nous sur le cas des productions françaises, qui une fois n'est pas coutume, jouissent d'une excellente réputation à l'étranger.

Difficile de parler de musique électronique française sans évoquer le cas Air. Air représente en musique l'image du français raffiné et romantique... Oui, il doit bien y avoir encore deux trois étrangers naïfs qui nous imaginent comme cela, non ? A être totalement honnête, Air est trop lisse, les morceaux manquent de profondeur. Si la musique arrive parfaitement à retranscrire des atmosphère belle et envoutante, l'absence de risque dans le choix de l'instrumentation ou de la construction des morceaux prévisibles créer une forme de lassitude. C'est un groupe que je trouve bon mais pour lequel je n'arrive pas à me passionner. Il faut aussi leur accorder que leurs morceaux les plus célèbres sont logiquement les moins expérimentaux (Cherry Blossom Girl, Playground Love (BO de Virgin Suicide) et Sexy Boy, c'est pas transcendant selon moi) et que certains morceaux plus intéressants se cachent dans leur discographie, comme sur 10 000 Hz Legend. J'aime particulièrement le morceau d'introduction, Electronic Performers,  qui commence par une rythmique électro lourde qui contraste avec l'arrivée des violons pour un final particulièrement émouvant. Je ne me suis pas réellement penché sur la suite de leur carrière, le peu que j'ai entendu de Pocket Symphony et Talkie Walkie ne m'ayant guère emballés.

Air - Electronic Performers (2001) 10 000 Hz Legend



De Air et de Daft Punk, les deux figures de proues de l'electro à la française (ou French Touch pour ceux qui aime employer des termes anglais pour caractérisé un genre français...) on peut citer tout un tas de rejetons, plus ou moins contemporains de ces deux monstres ou plus récents et surfant sur le succès de leurs prédécesseurs. En vrac Justice, C2C, Phoenix (pour le mélange electro/pop/rock), M83... Cliquez sur le nom pour vous convaincre que vous connaissez déjà ces groupes. Et comme, là encore, je ne pouvais pas ne pas les citer dans cet article, mais si là encore c'est plutôt bien fait, ce n'est pas le genre de musique qui capte mon attention très longtemps.
Je vais tout de même revenir un peu sur le cas M83, qui existe depuis 1999 et a connu un petit succès en 2003 avec la sortie de son second album "Dead Cities, Red Seas & Lost Ghosts". Si je n'ai pas trouvé d'informations confirmant que le titre de l'album serait un hommage au géniallissime Dead Cities de Future Sound of London, il faut bien reconnaitre que de cette scène française, M83 se détache par des univers musicaux plus riches, plus torturés, dégageant une atmosphère oppressante que n'aurait pas renié le groupe anglais. Leurs premiers morceaux lorgnent également vers Boards of Canada dans ces sonorités rétro. Le rock représente également une part importante dans leur musique, oscillant entre Shoegaze et Post Rock. Bref, vous l'aurez compris, un condensé de tout ce que j'aime. Grâce au succès de l'electro français à l'international, ils arriveront à décrocher la BO d'Oblivion, leur permettant de se faire connaitre par un public qui, autrement, n'aurait jamais entendu parler du groupe.

M83 - Gone (2003) Dead Cities, Red Seas & Lost Ghosts



Un peu à la marge de ce courant musical, j'ai une tendresse particulière pour deux groupes qui font partie de mes toutes premières découvertes en matière d'electro.

High Tone d'un côté, formation Lyonnaise officiant depuis 1997. On est très très loin des musiques léchées cités au dessus. Il s'agit d'un groupe de Dub electro. Le Dub késako ? "Le dub est un genre musical issu du reggae jamaïcain, un remixage réalisé en temps réel à partir de bandes magnétiques par des ingénieurs du son. Il est, à l'origine, un remixage radical qui met en avant le couple rythmique basse et batterie et des effets de son." Merci Wikipédia, j'aurais pas dit mieux. Présentation faite, High Tone est donc axé autour de rythmique bien marquée, lourde (parfois très lourde) sur lequel vient se greffer samples et sonorités électroniques pour un résultat d'une grande richesse et complexité. Ça reste également mélodique et entrainant où l'influence reggae se fait fortement sentir, malgré une très importante déformation par rapport au support d'origine. Ajouter à cela une production énorme - je m'en sers pour calibrer mes installations sonores - et vous avez un groupe particulièrement plaisant à écouter. Underground Wobble sortit en 2007 marque l'apogée créative du groupe. Un album plus sombre, mais d'une richesse dans ses ambiances, rythmes, sonorités exceptionnelle.

High Tone - Echo Logik (2001) Bass Temperature



Second groupe majeur et trop peu connu de la scène française, EZ3kiel, originaire de Tours et formé en 1992. Là encore, le groupe se rattache à la scène Dub, mais a très vite dérivé de l'influence Jamaiquaine pour développer un style et surtout un univers onirique très personnel où toutes les influences y passent (dub, electro, rock, rap, folk, classique). Bref difficile en quelques lignes de résumer EZ3kiel, il faudrait un focus entier consacré à ce groupe pour comprendre son évolution, du dub expérimental sur Handle With Care, à l'electro onirique de LUX, il s'en est passé des choses, comme l'album Versus, fourre tout indescriptible, dont le morceau titre ne laissera pas indifférent où bien encore le sombre et rock Battlefield. Ce mélange des genres à comme avantage que chacun y trouvera son compte, mais aussi, que peu de personnes peuvent apprécier leur discographie dans son intégralité.

Artwork tiré de Battlefield
EZ3kiel - Lethal Submission (2007) Naphtaline





Bon, je ne pouvais pas vous quitter sans un peu de Daft Punk, avec Get Lucky et le génial Pharell William dont l'originalité de son œuvre est... Comment ça je ne suis pas crédible ? 
Non, pour finir sur une bonne note, rien de mieux que One More Time animé pas le géant (et là sans ironie) Leiji Matsumoto (Albator, Galaxy Express 999 et Queen Emeraldas...). Je ne suis pas fan de la musique, mais ce clip a marqué ma jeunesse. Ça sera tout pour aujourd'hui, Tchüss ! Je suis content, j'aurais réussi à ne pas parler de Sigur Ros, de Bang Gang ou d'Olafur Arnalds, malgré les ponts évidents avec certains groupes dont j'ai parlé ici... Ah mince... encore raté...

Daft Punk - One More Time (2001) Discovery