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samedi 7 mars 2015

[Focus] 5 perles méconnues d'artistes cultes.

5 - Queen - Queen II

On commence avec l'un des groupes les plus célèbres au monde mais dont la discographie reste étonnamment obscure pour les profanes. Il n'y a qu'a se pencher sur les ventes d'albums pour s'en rendre compte. Queen est avant tout un groupe de tubes et sans surprise c'est leurs best-of qui se sont le mieux vendus. Greatest hits 1 est l'album le plus vendu au Royaume Uni et le second en Europe, tandis que le Greatest hits 2 est le second plus vendu au Royaume Uni et le plus vendu en Europe (chiffre comprenant cumulant les ventes des Greatest hits seuls et des coffrets les réunissant).
A eux deux, ces albums cumulent près de 70 millions de ventes*, à comparer au 11 millions d'A Night at The Opera et son morceau phare, Bohemian Rhapsody.
De plus, quand on pense à Queen, on met en avant leur hymne de stade (We Will Rock You, We Are The Champion), des tubes FM (I Want to Break Free, The Show Must Go On, A Kind Of Magic...) et les performances lives enflammées.

I Want to Break Free : https://www.youtube.com/watch?v=f4Mc-NYPHaQ
The Show Must Go On : https://www.youtube.com/watch?v=t99KH0TR-J4
Bohemian Rhapsody : https://www.youtube.com/watch?v=fJ9rUzIMcZQ

Mais avant de devenir une icône, le groupe proposait un rock plus alambiqué, plus complexe, dont leur second album, Queen II (loué par les fans, mais dont un seul morceau Seven Seas of Rhye a traversé les générations) est le point d'orgue. Un album d'une grande richesse et d'une grande finesse où la face B (Side Black) est à mon sens l'enchainement musical le plus fascinant de l'histoire du rock. Je vous laisse découvrir The March Of The Black Queen, morceau épique qui préfigure ceux que sera Bohemian Rhapsody.

The March Of The Black Queen :

Si je le place en 5, c'est bien parce que ce morceau reste tout de même relativement connu dans le monde du rock et non par une éventuelle qualité moindre, il s'agit tout simplement de ma chanson préférée.

Chronique complète de l'album :
http://cave70s.blogspot.fr/2015/03/queen-queen-ii-1974-hard-rockrock-prog.html





* http://fanofmusic.free.fr/index.php?m=Charts&s=BestSellers&p=BestSellers&Act=143

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4 - Scorpions - Fly To The Rainbow

 Pour Scorpions j'ai l'embarras du choix, car ils sont connus essentiellement pour deux de leurs balades, Wind of Change (125 000 000 de vues sur Youtube, tout de même) et Still Loving You :

Still Loving You (live) : https://www.youtube.com/watch?v=yqKrrGAqGn4
Winf Of Change : https://www.youtube.com/watch?v=n4RjJKxsamQ
Send Me Angel : https://www.youtube.com/watch?v=1UUYjd2rjsE

 Moins nombreux sont ceux qui connaissent Scorpions pour ceux qu'ils sont en réalité, un groupe de Heavy Metal, même si là encore certains de leurs morceaux ont connu un succès certains :

Rock You Like a Hurricane : https://www.youtube.com/watch?v=sxdmw4tJJ1Y
Big City Nights : https://www.youtube.com/watch?v=pmE_l_dN9UM
No One Like You : https://www.youtube.com/watch?v=TLEqRIsgl6A

 Moins nombreux encore sont ceux qui se sont penchés sur leur première partie de carrière (commencée en 1965 !), lorsque emmené par le fantasque Uli J Roth à la guitare (arrivé pour le second album), ils proposaient un Hard Rock à la limite de psychédélique. J'aurais pu citer l'excellentissime Taken by force qui contient le meilleur riff de guitare de l'histoire du rock, sur Sails of Charon, mais cet album à la croisée des chemins a déjà bien entamé son virage Heavy.

Sails of Charon : https://www.youtube.com/watch?v=aoI7deS76Ck

C'est donc leur second album, Fly to the Rainbow (1974), beaucoup plus confidentiel que je vais mettre en avant. Du Hard Rock aérien, encore marqué par le psychédélisme de leur début, mais plus incisif, notamment grâce au renfort d'Uli Jon Roth, guitariste exceptionnel. Le morceau titre est un petit bijou d'un peu moins de 10 minutes qui s'ouvre par un air de guitare sèche très agréable avant que le morceau ne prenne de l'ampleur tout au long de son déroulement.

Scorpions - Fly to The Rainbow :



Chronique complète de l'album : A venir

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3 - Supertramp - Supertramp

Supertramp en 5 albums (De Crime of Century à ...Famous Last Words...) a forgé sa légende, en étant une véritable machine à tube (Dreamer, School, The Logical Song, Goodbye Stranger, Breakfast in America, Give a Little Bit, It's Raining Again...).

It's Raining again : https://www.youtube.com/watch?v=YZUE4_PtOk0
Breakfeast in America : https://www.youtube.com/watch?v=tODaH_fGtMY
Give a Little bit : https://www.youtube.com/watch?v=4SQGJmgnEI8
School : https://www.youtube.com/watch?v=jSel-X11by0
Logical Song : https://www.youtube.com/watch?v=OQfjIw3mivc

Mais à l'origine, Supertramp était un groupe de Rock Progressif qui avait sortit un premier album éponyme, qui fut un échec commercial, mais qui était néanmoins d'une grande qualité musicale. Un album aux mélodies sensibles, un rock délicat et ciselé. Le morceau présenté ici montre parfaitement leurs ambitions de l'époque. Une construction mettant en valeur un refrain accrocheur, un break bruitiste, à l'image de Moonchild de King Crimson avant le reprise du refrain pour le final.
Il faudra attendre Crime of Century (leur meilleur album) pour qu'ils proposent un équilibre entre album conceptuel et chansons phares, pour ainsi connaitre le succès international.

Supertramp - Try again



Chronique complète de l'album : A venir

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2 - Vangelis - 666 et L'Apocalypse des animaux


Vangelis est internationalement connu pour ses musiques de films, notamment son travail pour les chariots de feu et 1492 : Christophe Colomb ou encore son travail le plus accomplit selon moi, la BO de Blade Runner :

Chariots of Fire : https://www.youtube.com/watch?v=TYJzcUvS_NU
1492 : Conquest of Paradise : https://www.youtube.com/watch?v=94dY-QxjDiE
Blade Runner - Thème principal : https://www.youtube.com/watch?v=JAwo7DPUFUM

Le premier étant même utilisé à chaque remise de médailles au JO de Londres (jusqu'à saturation et pourtant j'adore ce morceau).
Mais parmi ces collaborations, il a composé l'un des albums les plus tristes qu'il m’a été donné d'entendre pour accompagner la série documentaire l'Apocalypse des animaux de Frédéric Rossif, en 1970. A ne surtout pas écouter en cas de déprime, sinon faites vous plaisir, c'est juste sublime.

Vangelis - Création du Monde


Chronique complète de l'album : A venir


Et vous connaissez également sans doute Aphrodite's Child, groupe grecque qui a vu l'éclosion du chanteur Demis Roussos, a travers ces deux chansons :

Rain and Tears : https://www.youtube.com/watch?v=YQyxCL1uMlU
It's Five O Clock : https://www.youtube.com/watch?v=bWKQyQ3aCpk

Mais le claviériste de ce groupe n'était autre que... Vangelis. Il composa intégralement leur dernier album, 666, très éloigné de la pop des deux précédents albums, et tout aussi éloigné de sa future carrière solo très new age et planante. Il s'agit d'un album de Rock Prog' très ambitieux, un peu fou, au concept tournant autour de l'Apocalyse de Saint Jean (un thème le fascinant apparemment...). Ce double album est d'une grande richesse et d'une grande complexité, mais propose néanmoins des mélodies aux accents immédiatement jouissifs, comme sur le fabuleux Four Horseman, son refrain ultra accrocheur et son solo de guitare excitant :


Aphrodite's Child - Four Horseman :

 Chronique complète de l'album : à venir


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1 - Mike Oldfield - Amarok

Mike Oldfield est un géant de la musique, l'un des artistes les plus célèbres de sa génération, qui outre une tournée allemande en 2006 et deux concerts en Espagne s'est permis de réunir 500.000 personnes à Berlin pour le passage à l'an 2000 et a connu une audience encore plus large en jouant un mini concert lors de la cérémonie d'ouverture des JO de Londres en 2012.

On le connait avant tout pour ces tubes pop chantés par Maggie Reilly, Moonlight Shadow et To France, ainsi que le thème principal du film d'horreur L'exorciste tiré de son premier album Tubular Bells.

Tubular Bells (BO de l'Exorciste ) : https://www.youtube.com/watch?v=1LFCG7kOsxE

 Deux facettes de l'artiste très différentes, Tubular Bells étant un album de rock progressif (oui ce genre est omniprésent dans mon classement), composé de deux morceaux (pour les deux faces du vinyle, format très classique dans ce genre musical), qui n'a rien d'horrifique, qui alterne le rock, le folk, les passages alambiqués voir un peu loufoque. Une œuvre assez immature mais qui justement en hérite un vent de fraicheur et de folie particulièrement bienvenus. Il poursuivra dans les grandes fresques ambitieuses de 2 fois 20 minutes jusqu'à l'apogée de sa première partie de carrière et le "fantastic" Ommadawn.

 La seconde partie de carrière sera plus pop et comprendra les deux morceaux déjà cités. Et selon moi présente un intérêt bien moindre. Mais c'est en 1990, alors que la carrière de Mike Oldfield s’essoufflait un peu et que Richard Branson souhaitait qu'il sorte un Tubular Bells II pour renouer avec le succès qu'il sortit contre toute attente l’œuvre musicale à mon sens la plus fascinante de l'histoire de la musique (oui, je m'enflamme), Amarok. Un chef d’œuvre complètement fou, constitué d'un seul morceau de 60 minutes (et deux secondes...), constitué d'une multitude de thèmes (une cinquantaine) développés entre 13 secondes et 3 minutes 13 et joué à l'aide d'une cinquantaine d'instruments et bruitages. Mélange des influences (Rock, World Musique, Folk, Prog', Ambiant...). Le final en trois temps est d'une intensité incroyable et nous vide de toute émotion. Rien de comparable n'existe dans le monde de la musique, mais son côté anti commercial et son absence de promotion (Richard Branson n'apprécia pas du tout la plaisanterie, voir chronique) en fera un bide qui n'aura pas connu le succès qu'il mérite. Et pourtant derrière son approche élitiste, il contient des mélodies sublimes et faciles d'accès.
Mike Oldfield - Amarok


Il faut faire l'effort pour s'accrocher les 6 premières minutes, et après vous serez happé par la beauté du morceau.

Chronique complète de l'album :



Queen - Queen II (1974) Hard Rock/Rock Prog'


Il est souvent pratique de dire que Queen a explosé à la face du monde grâce à sa chanson Bohemian Rhapsody tant elle est hors norme, et que son histoire peut ressembler a un conte de fée. Une chanson trop longue et donc refusé par toute les radios et finalement diffusée par un ami de Mercury sur Capital Radio, et là, le casse du siècle, les auditeurs la redemandent encore et encore, elle passera ainsi jusqu'à 14 fois par jour. Depuis, de nombreux sondages font de ce single, le meilleur morceau de l'histoire du rock, pas moins. Et parce que cela ne suffit pas, on lui crédite la naissance du clip vidéo. 

 Et bien non, Queen n'a pas inventé le clip ; Une confusion venant de la technique d'enregistrement de la vidéo, de façon électronique, alors encore unique dans le monde de la musique. Et non Queen n'était pas un petit groupe inconnu lorsque ce morceau est sortit. Ils avaient déjà 3 albums à leur actif, qui avait bénéficié d'un succès croissant. Le public était au rendez vous, les disques d'or aussi. Le premier carton de Queen est plus a chercher dans Killer Queen, ou dans une moindre mesure dans Seven Seas of Rhye extrait de ce qui est peut être le meilleur album de Queen, Queen II, nous y voilà donc... 

 Un 1 an après un premier album plein de charme, Queen décida de se débarrasser de ses influences qui commençaient en 74 a s'essouffler quelque peu (Led Zep, Deep Purple, Uriah Heep, Yes...) pour créer un son qui leur serait propre, une identité forte, ainsi est né Queen II, et autant le dire tout de suite, c'est une véritable réussite. Entre Rock Prog' et Hard Rock, ce disque d'une grande diversité est aussi l'un des plus difficile d'accès. Il n'y a pas de tube formaté pour la radio. L'album peut se décomposer en deux parties. La première composé en grande partie par May est de très bonne facture. Avec un premier morceau Father to Son où se mêle break acoustique et partie Hard rock inspiré. White Queen est un délicieux morceau épique. L'acoustique Some day one day vient apaiser le tout, avant le morceau Hard de Roger Taylor Loser In The End pas fou.

 Et puis Mercury arrive et se charge de la seconde partie de l'album, nous faisant passer d'un très bon album, à un espèce d'ovni musical totalement jubilatoire. L'enchaînement Ogre Battle, The Faily Feller's Master Stroke, Nevermore, March of The Black Queen est tout simplement dément et peut s'apparenter à un seul morceau de rock prog' tant les transitions semblent naturelles. 

 Ogre Battle est un brûlot Hard Rock mélodique plein d'énergie, qui s'enchaîne avec The Faily Feller's Master Stroke sorte de pépite totalement déjantée, mais tellement Queenesque. Le piano qui lie ses morceaux se fait poète dans une ballade parmi les plus belles du rock : Nevermore, qui en 1 min 20 a tout dit. Pour conclure le tout déboule le monumental March of The Black Queen, morceau progressif et épique, où partie hard et break magnifique s'entremêle jusqu’à ce qu'un Chœur s'envole vers la chanson suivante, Funny How Love Is, une petite sucette très joyeuse. Le tout se termine par le premier tube du groupe, Seven Seas oh Rhye si vous avez bien suivi, presque classique, mais tout aussi excellente.

 Une des premières choses qui marque dans cet album, c'est son étonnante cohérence, malgré son incroyable richesse. Tout s'enchaîne le plus naturellement du monde. Et toutes ces chansons, du Hard Rock le plus énergique à la ballade la plus calme sont estampillés Queen II. Le travail de production est ici colossale, avec cette superposition de pistes vocales et de guitares presque à l'infini, du jamais vu pour l'époque. Le son Queen est né, pour le meilleur et pour ... le meilleur.

Tracklist

1. Procession
2. Father To Son
3. White Queen (as It Began)
4. Some Day One Day
5. The Loser In The End
6. Ogre Battle
7. The Fairy Feller's Master-stroke
8. Nervermore
9. The March Of The Black Queen
10. Funny How Love Is
11. Seven Seas Of Rhye

Membres 

Freddie Mercury - Chant, Piano 
John Deacon - Basse 
Roger Taylor - Batterie 
Brian May - Guitare

Mike Oldfield - Amarok (1990) Rock Prog'/Musique du monde


En 1990, Mike Oldfield du haut de ses 20 ans de carrière à déjà tout connu, la reconnaissance de ses pairs, avec quelques unes de ses œuvres les plus accomplies (Ommadawn, Incantation...) et le succès populaire comme le culte Tubular Bells, ou les Pop, To France et Moonlight Shadows. Mais aussi quelques bides...

Alors qu'il devait beaucoup à Richard Branson (Patron de Virgin), le premier à avoir cru en lui, et que réciproquement, celui ci devait à Mike Oldfield son premier succès, des tensions entre les deux hommes commencèrent à poindre. Ainsi, R.Branson désirait la composition d'un Tubular Bells II, ceux que refusait, avec raison, le troubadour Anglais. De ce contexte difficile, naquît Amarok*, l’œuvre la plus excitante de la musique moderne, pas moins.

Il va de soi (comme l'avenir ne le montrera pas...) que Mike Oldfield n'a aucunement cédé à la pression de son patron, bien au contraire, il proposa l'album le moins commercial possible. Ainsi le disque ne comporte qu'une unique chanson de 60 minutes et 2 secondes, et chaque thème n'y est jamais exploité plus de deux minutes, le tout lié par des bruits pour le moins incongrue, comme ce F*** Of R.B dissimulé en morse. La plaisanterie ne fut pas au goût de Richard Branson, Mike Oldfield fut alors prier de prendre la porte après la sortie de cet album, qui ne bénéficia d'ailleurs d'aucune promotion.

Et pourtant... Le patron de Virgin n'a pas eu beaucoup de flair, car dénigrer une œuvre si visionnaire, peu nuire quelque peu à son image auprès des mélomanes. Vous l'aurez compris, ce n'est pas un album que l'on écoute d'une oreille distraite. L'album d'une structure chaotique, multiplie les thèmes et les airs, sans qu'il ne semble y avoir de fil conducteur. Une cinquantaine d'instruments composent ce morceau ! La brosse à dent et le verre d'eau côtoient ici la guitare électrique.  On y trouve quelques instruments exotiques, comme le Ukulele, le Kalimba, le Timpani... Mike Oldfield s'occupe d'ailleurs de pratiquement tout ces instruments, pas question de multiplier les musiciens de session, ou d'utiliser des samples. Les ambiances tissés sont donc multiple, donnant une couleur World Musique à l'ensemble, un peu à l'image d'Ommadawn. On retrouve les rythmiques africaines en fil rouge dans le final, où des airs celtiques, assuré par Paddy Moloney qui re-collabore à l'album, pour notre plus grand plaisir. Mais la ressemblance s'arrête là, si Ommadawn ne faisait que suggérer la folie, Amarok en est affecté jusque dans sa structure.

Des bribes de Folk, ou de Country par ci, des ambiance New Age par là. Pas mal d'Ambiant, du Blues, et de la World musique comme vue précédemment, celtique, africaine, australienne, hispanique... L'album est d'une diversité incroyable, ce qui en rebutera plus d'un. Mais au fil des écoutes, l'auditeur voit sa récompense arrivée. D'abord se dégage quelques mélodies sublimes, comme ce solo de guitare autour de la sixième minute, dont l'air sera repris et déformé plusieurs fois dans le morceau. Un lien entre chaque parties va commencer à se dégager, les enchaînement sembleront plus naturel, subtile. On appréciera de plus en plus l'intelligence sous-jacente à la construction de ce morceau. On remarquera certains airs fil rouge, qui seront repris à plusieurs reprises, sur lesquels se raccrocher, mais qui évolueront au cours de l'oeuvre.

Et ce final, qui s'étale sur plus d'un quart d'heure, structuré autour de ces rythmiques africaines si envoûtantes. Les dernières minutes seront consacrées à un crescendo, où les choeurs s'élèvent jusqu'à atteindre ces dernières notes de guitare limpides, d'une beauté transcendante mais non dénouée d'un puissant impact. Un peu à l'image d'un roman où d'un film, ce final, après une oeuvre si longue, nous laisse dans une torpeur mélancolique, sensation que ne procure aucun autre album.

Mike Oldfield signe donc avec cet Amarok son album le plus expérimental, le plus difficile d'accès, mais surtout le plus fascinant. Un chef d'oeuvre !

*Amarok est une divinité Inuit, l'esprit d'un loup géant. C'est aussi un art martial asiatique. Enfin, l'album à donné le nom à un logiciel de musique sous Linux. Vous pouvez d'ailleurs vous amuser à écouter l'album sur ce logiciel, et y lire le petit message qui s'y affiche.

Tracklist

1- Amarok

Membres

Mike Oldfield - Tout
+ Paddy Moloney
+ Janet Brown

Chronique tiré de mon ancien site : http://thedragonscave.free.fr/liste_chroniques_cd.php

vendredi 5 décembre 2014

[Focus] Ecole de Canterbury 2/2

Suite et fin de notre découverte de l'école de Canterbury.
Si vous n'avez pas lu le premier épisode, c'est par ici que ça se passe !

II - Caravan

Si Soft Machine et les groupes qui en découlent étaient très éloignés du rock progressif, mélangeant les éléments jazz, psychédélique, parfois space rock à un esprit proche du dadaisme, Caravan lui s'en rapproche beaucoup plus et fait figure, si ce n'est de pionnier, au moins d'un des piliers les plus influents du genre. Mais là où des groupes comme Yes, Jethro Tull ou ELP se perdront parfois dans une trop grande complexité, Caravan propose un mélange subtile entre expérimentation, technicité et sens mélodique prononcé.
Fondé en 1968, à peu près à la même période que la plupart des autres monstres sacrés du genre : Jethro Tull (67), Genesis (67), Yes (68), King Crimson (69)... Ils sortent dès leur première année un album éponyme, plus pop rock que prog'. Il faudra attendre 1970 (l'après In The Court of Crimson King) et If I Could Do It All Over Again, I'd Do It All Over You pour que le propos se fasse plus ambitieux, tout en gardant cette mélodie limpide qui sera la marque de fabrique du groupe. Une vraie réussite, qui connaitra un succès d'estime et commercial (bien que toujours dans l'ombre des immenses succès de Jethro Tull, King Crimson, Yes). Avec In the Land of Grey and Pink sortit l'année suivante, Caravan assoira sa notoriété et son influence, sans doute leurs deux albums les plus réussis. Par la suite, le groupe connaitre une activité sporadique, avec beaucoup de changement de line-up, et ceux jusqu'à aujourd'hui, le dernier album Paradise Filter étant sortit l'an dernier (2013).




Là encore, Caravan aura une descendance spirituelle, avec des groupes qui perpétueront cet esprit de Rock Progressif limpide et mélodique, mais également filiale, avec des transferts de musiciens. Ainsi, des membres fondateurs, Pye Hastings, Richard et David Sinclair et Richard Couglhan, rencontré lors du fameux projet Wilde Flowers, beaucoup iront prêter main forte à des groupes en devenir, ou fonder leurs propres projets.

Le plus important d'entre eux, et mon chouchou, je dois le reconnaitre, Camel avec un rock progressif de grande classe, poussant encore plus loin la recherche de la mélodie, oubliant parfois le chant (leur point faible) pour s'étendre dans des vapes instrumentales, frisant l'ambiant, de toutes beautés. L'album Snow Goose reste une référence du genre, tandis que Mirage proposait un Rock Progressif plus technique. Tout comme Caravan, et sans doute porté par des mélodies qui vieillissent moins que la surenchère technique, le groupe a survécu aux décennies, proposant régulièrement des albums très beau, jusqu'à cette dernière tournée en 2013, avec la réinterprétation live de Snow Goose, un moment mémorable. Avant tout fils spirituel de Caravan, la filiation s'accentuera avec l'arrivée de Richard et David Sinclair.


  
Hatfield and the North est l'exemple type de ces formations issus de l'école de Canterbury, vu qu'il contient en son sein Pip Pyle (Gong), Richard Sinclair (Caravan, Camel) Phil Miller (Matching Mole) et Steve Miller (Caravan). Robert Wyatt (Soft Machine, Matching Mole, Kevin Ayers...) y passera une tête, ainsi que Dave Stewart (Egg, autres groupes de cette école, que je n’ai malheureusement pas le temps de traiter). Vous me suivez encore ? Si Camel avait poussé le curseur vers la mélodie, Hatfield lui insiste plus sur la part Jazz et Expérimentale de son ainé et fait un pont appréciable entre les deux piliers de l'école de Canterbury, Soft Machine et Caravan.



Je pourrais citer bien d'autres groupes : Caravan of Dreams, Khan, Egg, Nucleus... Mais j'en resterais là pour aujourd'hui. Peut être un épisode 3... 

 

samedi 29 novembre 2014

[Focus] Ecole de Canterbury 1/2

Après avoir évoqué Kevin Ayers, et insisté sur certains noms gravitant en invités autour de ses albums, il est logique de parler du mouvement musical devenu culte mais toujours difficile à délimiter, l'école de Canterbury auquel il est associé.
Cette école ne correspond ni à une zone géographique particulière, ni à un genre musical, même s'il se rattache au rock progressif dans son acceptation la plus large, auquel je préfère le terme d'Art Rock, comprenant du Rock d'avant garde, psychédélique, aux accents jazz, orchestral et j'en passe. Il est d'ailleurs à noter qu'aucun des groupes rattachés à ce mouvement ne fait vraiment du rock progressif. 
Ce qui rattache les groupes entre eux et une origine commune, le groupe The Wilde Flowers, dont les principaux membres se sont rencontrés sur le campus de Canterbury. On y retrouve notamment, Hugh Hopper (basse), Robert Wyatt (Batterie, voix), Kevin Ayers (voix), Graham Flight (voix), Richard Sinclair (guitare rythmique, voix), Pye Hastings (guitare, voix), David Sinclair (clavier), Richard Coughlan (batterie) et Brian Hopper (Guitare solo, saxophone, voix). Ce groupe n'a pas sorti d'album officiel pendant les 4 ans de son existence (64-67), mais par la suite, ces différents membres fonderont d'autres groupes entre eux ou avec d'autres musiciens, qui a leur tour collaboreront avec d'autres musiciens... créant ainsi un réseau tentaculaire dont l'influence reste sans égale, centré autour de deux formations cultes, Soft Machine et Caravan.

I - Soft Machine
Le premier groupe de cette rétrospective est Soft Machine fondé par  Robert Wyatt et Kevin Ayers auquel se rajoute deux autres membres non présents chez The Wilde Flower : Mike Ratledge (orgue, piano) et Daevid Allen (guitare). Difficile de résumer rapidement ce groupe qui entre 66 et 84 a vu passer en son sein plus de vingt membres d'horizons différents, et qui aura au cours de ses vingt années changé complétement d'orientation musicale. On peut globalement découper la carrière du groupe en deux périodes, la première (66-68/69) où les membres originels proposaient une musique très psychédélique, puis la seconde (69-84) ou, avec le départ successif de Daevid Allen, Kevin Ayers puis Robert Wyatt, a glissé vers le Jazz, avec Third en album charnière, balancé entre ses deux courants.

Période Psychédélique :



Third :


Période Jazz :



Les différents membres de la première version de ce groupe partiront fonder d'autres formations marquées par un même sens de la musique, théâtrale, marqué par l'humour, le dadaïsme et le psychédélisme.

Kevin Ayers s'entoura de son groupe The Whole World, qui verra les premiers pas de David Bedford et de Mike Oldfield, et s'accompagnera de musiciens invités, parfois rattachés à l'école de Canterbury ou non, tel Robert Wyatt, Mike Ratledge ou encore Steve Hillage



Daevid Allen quant à lui, installé en France y fondera Gong, communauté hippie autant que groupe, avec entre autres Didier Malherbe et Gilly Smith. Formation qui connaitra une évolution assez proche de Soft Machine (dont on retrouve certains anciens membres, outre Daevid, avec Steve Hillage ou Allan Holdsworth) débutant dans un rock très psychédélique, marqué par un fort sens de la dérision et de la fête, à un jazz complexe et alambiqué, là encore suite au départ des membres fondateurs. Daevid Allen fera son retour dans la formation à l'aube des années 2000 et nous gratifie depuis de nombreux concerts en France. A noter la fabuleuse trilogie Radio Gnome (73-74) qui se clôture par le magistral You qui apportera une dimension Space Rock à la formation du plus bel effet.



Robert Wyatt créera d'abord Matching Mole en référence à la traduction française de Soft Machine d'où il avait été évincé : Machine Molle. Suite à un grave accident, il fera une carrière solo tout en subtilité et délicatesse avec en point d'orgue le génial Rock Bottom.



A noter que Karl Jenkins, chef de file de la seconde période de Soft Machine à également connu un certains succès en solo, mais dans un genre assez différent :


La suite (Focus sur Caravan et sa descendance) au prochain épisode...

vendredi 28 novembre 2014

Kevin Ayers - Bananamour (1973) Rock


Suite de notre diptyque sur Kevin Ayers.
Bananamour sortit en 1973 est son quatrième album solo. Pour l'occasion, il fait peau neuve, s'entourant d'Archie Legget à la basse et Eddie Sparrow à la batterie en lieu et place de Dave Dufort. C'est au tour de Steve Hillage de remplacer Mike Oldfield à la guitare, ce dernier étant en plein enregistrement de son premier album Tubular Bells. Dave Bedford et Robert Wyatt sont toujours présents.
Si Whatevershebringswesing brillait par sa richesse, mélangeant genres, tons, rythmes... Bananamour se veut plus cohérent. Un rock plus calibré, plus accessible, plus mélodique, laissant moins de place aux expérimentations angoissantes ou psychédéliques. Des chansons (la voix est très présente) rock légères, qui fleure bon les sixties (oui, nous n'y sommes plus...). Ce n'est pas pour autant que Kevin Ayers perd ici de son intérêt, la première face est une franche réussite, c'est accrocheur, enjoué, très mélodique, et l'instrumentation maitrisée et parfaitement pensée. Shouting in a Bucket Blues résume bien ce constat, le duo voix/guitare fait merveille et il est difficile de résister à ce tube en puissance. Interview propose la seule petite incartade vers une musique plus psychédélique.
La seconde face retrouve (un peu) un côté hétéroclite, avec le progressiste et ambitieux Décadence, et son excellent final instrumental qui côtoie le mutin ou la comptine. Mais il faut avouer que sortit de ce premier morceau, cette seconde face perd en intérêt, où une trop grande légèreté de la musique n'arrive pas à être compensé par des mélodies trop simples pour distraire.
Si comme moi, vous louez l'époque 68-73 pour ce vivier créatif extraordinaire qui vu l’émergence d'une scène dynamique et avant-gardiste, Whatevershebringswesing vous apportera plus de plaisir, sinon, ce Bananamour est une bonne porte d'entrée à la musique de Kevin Ayers et donc à l'école de Canterbury et ses nombreuses merveilles. Il réussit à être un excellent album jusqu'à sa sixième chanson, avant de baisser en intérêt.

Musiciens :

Kevin Ayers - Voix, Guitare, Basse, Piano
Archie Legget - Basse, Voix
Eddie Sparrow - Batterie
Mike Ratledge - Orgue
David Bedford - Claviers
Robert Wyatt - Voix


Tracklist :

Face 1
1 - Don't Let It Get You Down
2 - Shouting In A Bucket Blues
3 - When Your Parents Go To Sleep
4 - Interview
5 - Internotional Anthem

Face 2 
6 - Decadence
7 - Oh! Wot A Dream
8 - Hymn
9 - Beware Of The Dog


samedi 22 novembre 2014

Kevin Ayers - Whatevershebringswesing (1971) Rock Prog'/Psychédélique

On ressort de la cave une double ration de Kevin Ayers, avec la compilation regroupant deux albums Whatevershebringswesing et Bananamour, qui a eux deux voient l'intervention de quelques grands noms de la scène prog', déjà bien affirmés ou en devenir. La mode des "guests" existaient déjà à l'époque, mais ici, il s'agit de bien plus que cela, puisqu'on touche à l'école de Canterbury, qui fera l'objet d'un focus sur ce blog dans un avenir proche.

Première partie de cette chronique, nous allons évoquer le cas Whatevershebringswesing. Premièrement, pourquoi ce nom ? Je ne le sais pas ! Ça c'est fait... Au regard de cette formation éclectique, entre membres de Soft Machine, de Gong ou de sa précédente troupe The Whole Word on peut s'attendre à une musique diversifiée, voir chaotique. Et c'est le cas, entre les arrangements déstructurés et angoissants de David Bedford (décidément, on ne rigole pas tout les jours en écoutant sa musique), les mélodies sublimes et apaisantes portées par les guitares de Mike Oldfield ou les flutes et le saxo de Didier Malherbe. Dès le premier morceau, la richesse est à l'honneur, et colle à la personnalité exubérante de Kevin Ayers, comme sur Oh My, chanson très légère, qui fleure bon l'herbe, et que ne renierait pas Gong. Song From The Bottom Of A Well est en totale rupture avec la musique proposée précédemment et s'avère particulièrement sombre voir malsain, porté par une voix grave plus parlée que chantée et par des rythmiques répétitives qui donnent un aspect presque incantatoire à la musique.

Ce gros meltingpot se poursuit sur la face B qui  s'ouvre sur des chœurs et une mélodie gentiment mélancolique. Une balade champêtre où la voix grave de Kevin Ayers se mêle avec harmonie à celle plus sensible de Robert Wyatt. Le solo tout en douceur de Mike Oldfield s'accorde parfaitement à l'ambiance de cette chanson.
Ou encore sur ce Champagne Cowboy Blues, très lent, où Kevin Ayers nous interpelle régulièrement, et semble pour une raison que je vous laisse imaginer assez fatigué, et où la mélodie de Mike Oldfield apporte une tristesse à l'ensemble, et qui est interrompu joyeusement pendant un court moment par une fanfare.

De par ses grandes variétés de ton, d'ambiance, d'instrumentation... cet album est d'une grande richesse, même si certains enchainements peuvent choquer, et rendre l'ensemble assez incohérent. On n'a pas affaire à un album concept, mais juste un assemblage de très bonnes chansons qui nous offre chacune une expérience différente.


Musiciens :

Kevin Ayers - Voix, Guitare, Basse, Piano
Mike Oldfield - Guitare (Solo), Basse
David Bedford - Claviers
Didier Malherbe - Saxophone, Flûte
Dave Dufort - Batterie
Robert Wyatt - Voix

Track List :

Face 1 :
1 - There is loving amons us there is loving
2 - Margaret
3 - Oh My
4 - Song from the bottom of a well

Face 2 :
1 - Whatevershebringswesing
2 - Stranger in blue suede shoes
3 - Champagne cowboy blues
4 - Lullaby

vendredi 21 novembre 2014

David Bedford - Star's End (1974) Musique Orchestrale et Psychédélique


Si David Bedford est connu pour ses collaborations avec des musiciens rock comme Kevin Ayers ou Mike Oldfield, ce dernier jouant dans l'album présenté ici, ce Star's End n'a rien d'un album Rock accompagné d'un orchestre, comme les Queen, Scorpions et autres Metallica ont pu réaliser. On est à la croisée des chemins entre le psychédélisme de la fin des années 60 et la suite des Planètes de Gustav Holst.


L'album s'ouvre sur une introduction tout en dissonance, psychédélique, légèrement angoissante. Le ton est donné. La première face prend le temps de se construire, de faire apparaitre au fur et à mesure ses instruments qui s’additionnent autour d'une structure répétitive où les cuivres omniprésents poussent des plaintes lancinantes et provoquent un certain malaise à l'écoute, le tout rythmé par quelques montées en puissance sous acide. A l'écoute, on ne peut s'empêcher d'avoir les images de 2001, l'Odyssée de l'espace en tête. On ressent cette même sensation d’étouffement et de vertige à la fois devant l'immensité de l'univers, et cette solitude devant l'obscurité cosmique. La musique s'avère assez simple dans sa construction, une introduction, une plage centrale planante qui progresse vers un final soutenu par la guitare cristalline de Mike Oldfield, qui bien qu'agréable, n'apporte pas grand chose à la richesse et l'expressivité des différentes instruments de l'orchestre.

Le seconde face prend un parti légèrement différent et s'avère d'une plus grande profondeur. L'atmosphère reste angoissante, mais le rythme s’accélère, les harmonies laissent place à un désordre apparents, et le compositeur, ou l'auditeur, selon votre optimiste semble plongé dans la folie, comme si le choc du voyage dans l'espace, de l’oppressante solitude lui avait fait perdre la raison. Le calme revient alors, et apaisée, la musique se fait plus douce, susurrante parfois, avec quelques réveils, légers éclats, avant de retomber dans une sorte de léthargie. Et c'est lorsque l'on se le croit à l’abri, que la frénésie des cuivres et des cordes reprend soudainement pour une dernière montée d’adrénaline avant de s'étendre aussi vite. Les instruments semblent alors agoniser dans un quasi silence trompeur avant de venir triompher dans une mélodie superbe pleine de majesté et de fierté, marquant le dernier sursaut d'une étoile mourante qui nous gratifie d'un dernier levée de soleil réconfortant avant de s'étendre définitivement. Il ne nous reste plus qu'à contempler les ruines et les traces de la lutte de l'astre, seul dans l'immensité glacée à attendre notre fin, privée de toute lumière, dans un final calme et résigné.

Avec Star's End, David Bedford à respecter sa promesse, une musique très expressive, qui nous transporte dans l'espace glacial et nous permet d'assister à la mort d'une étoile. Tout un programme, qui s'il n'inspire pas la joie de vivre, nous propose de belles mélodies et de beaux moments contemplatifs. Si ce Star's End ne s'offre pas à la première écoute, et peut même s’avérer éprouvant pour ceux qui ont l'habitude de musique plus entrainante et joyeuse, il apportera beaucoup de plaisir aux autres qui feront l'effort de s'y immerger complétement.


Tracklist :

Face A : Star's End - 23'18"
Face B : Star's End - 22'26"

Musiciens :

David Bedford - Compositeur
Mike Oldfield - Guitares
Chris Cutler - Percussions
Orchestre Royal Philharmonique

vendredi 14 novembre 2014

Dave Greenslade - Cactus Choir (1976) Rock Progressif



Cactus Choir est le premier album "solo" du compositeur et claviériste Dave Greenslade et marque la fin provisoire de son précédent groupe sobrement appelé Greenslade (je vous rassure, il a fait preuve de plus de créativité pour sa musique) pour des problèmes de management. Viennent se greffer à Dave Greenslade et Tony Reeves, rescapés de la précédente formation, de nombreux musiciens comme Mick Grabham (Procol Harum), Simon Phillips (Toto essentiellement, mais aussi, Camel, Mike Oldfield, Asia...), Steve Gould (Rare Bird)...

Cactus Choir est sorti en 1976, à une époque où le Rock Progressif est plutôt en fin de vie, les plus grands succès de Pink Floyd, Yes, King Crimson, Mike Oldfield... sont derrière eux, tout du moins dans le domaine de la musique progressive, certains rebondiront ailleurs. Dans ce contexte, difficile pour ce Cactus Choir de se faire une place au soleil, d'autant qu'il ne révolutionne en rien le genre. Cet album tombé dans un relatif anonymat aura du attendre cet automne pour une réédition en CD.

Il n'est pourtant pas à délaisser. Centré autour d'un claviériste, on pouvait craindre une profusion de synthétiseurs au son vieilli et des envolés ultra-techniques. Bien entendu nous avons le droit au Piano, Mellotron, Orgue Hammond, Synthétiseur ARP et autres claviers, mais Dave Greenslade prend le temps de poser ses notes sans surenchère pour tisser des mélodies émouvantes, comme dans le sublime Forever and Ever qui clôture la face A et superpose de nombreux claviers aux sonorités différentes, et n’hésite pas à se mettre en second plan pour laisser la vedette à la voix ou à la guitare.

Seul les introductions des deux faces peuvent sembler un peu vieillottes, mais après ces courts passages, l'ensemble sonne très mélodique, parfois triste, parfois très enjoué (on se surprend à se trémousser sur l'entrainant Dance Country). La diversité des instruments joués, le grand nombre d'intervenants, les variations de tons et de rythmes entre les chansons interdisent tout ennui, et offrent écoute après écoute un même plaisir, et le sentiment d'entendre une œuvre complète. Les enchainements soignés et la ligne mélodique claire qui nous mène jusqu'au Finale, condensé du reste de l'album, aux ambiances variées qui multiplie les contre pied, rend cet album concept autour de la colonisation de l'ouest américain cohérent.

Cactus Choir oscille entre ses influences, avec la volonté de produire un grand album ambitieux de Rock Progessif, en développant un concept fort, comme a pu le faire ELP, et une volonté de rester accessible et mélodique, comme Mike Oldfield, Vangelis et autres Camel. Ce manque de positionnement fort n'a pas nuit à la qualité de l'album, qui au contraire mélange les qualités. Résolument progressif, résolument mélodique. Un bijou !


Face A

1. Pedro's Party (3:37)
2. Gettysberg (3:57)
3. Swings and Roundabouts (4:20)
4. Time Takes my Time (6:50)
5. Forever and Ever (3:38) 

Face B

6. Cactus Choir (6:14)
a) The Rider (2:52)
b) Greeley and the rest (2:00)
c) March at Sunset (1:22)
7. Country Dance (5:30)
8. Finale (8:36)

Musiciens :
Dave Greenslade — Claviers (1-8), Voix (4)
Tony Reeves — Basse (1, 2, 6, 8)
Simon Phillips — Batterie, Percussions
Steve Gould — Voix (2, 6)
Dave Markee — Basse (3, 4)
John Perry — Basse (7)
Mick Grabham — Guitare (4)
Lissa Gray — Voix (4)
Bill Jackman — Flûte basse, Clarinette basse (8)

mardi 21 mai 2013

Klaatu - 3:47 EST (1976) Rock Progressif



Klaatu est un groupe de rock canadien qui a existé pendant une petite décennie (73 à 82).
Leur premier album 3:47 EST est sorti en 1976, et a beaucoup fait parler de lui, par l'identité mystère de ses auteurs. Rien sur la pochette n'indique les musiciens impliqués dans l'album, et chaque chanson est signée sous le nom du groupe, Klaatu. Cette absence a fait une naître une rumeur un peu folle de la réunion des Beatles. Bien entendu, celle-ci s'est avérée fausse (le groupe étant composé de John Woloschuk, Dee Long et Terry Draper), mais a eu le mérite de faire de la publicité à l'album. Le double single "Calling Occupants - Sub-Rosa Subway" atteignant la 62ème place au Billboard. 


L'album qui nous intéresse ici, 3:47 EST, s'avère un album riche et varié, allant de la pop légère à du progressif sombre. L’introduction très champêtre avec ses sifflements d’oiseaux n’est pas sans rappeler le "close to the edge" de Yes, mais très vite, "Calling occupants of interplanetary" s’éloigne de son illustre ainé. Une voix féminine vient se poser sur une mélodie très calme et belle, les arrangements tantôt rock, tantôt très léger, les cuivres, tissent des ambiances positives qui redonnent le sourire.  Le second morceau construit pour et par les harmonies vocales, sonnent très Beach Boys, et même le titre "California Jam" rappelle le côté rock californien. Le tout semble poussif, presque caricaturale, ne convainc pas. Les deux morceaux suivants dans leur sonorité et construction rappellent très fortement les Beatles, et expliquent en partie la popularité de la rumeur évoquée plus haut.
La seconde face démarre par un morceau très rock, mais qui sonne un peu désuet, même pour l’époque. Le morceau suivant, "Doctor Marvello", mêle des ambiances orientales, aux cuivres et aux violons, pour un résultat des plus réussi.
L'album aurait pu se terminer sur le burlesque "Sir Bodsworth Rubblesby III", ce 3:47 aurait été alors sympathique, mais pour notre plus grand bonheur, cet opus se conclu sur le formidable "Little Neutrino" (noté Meutrino sur la pochette), qui après une introduction franchement sombre et inquiétante nous  enveloppe pendant ses plus de 8 minutes dans une ambiance mélancolique mais magnifique. Un petit bijou, qui permet à l’album de sortir du lot.

Membres
John Woloschuk
Dee Long
Terry Draper


Face 1 
  1. Calling Occupants of Interplanetary Craft (John Woloschuk, Terry Draper) – 7:14
  2. California Jam (Woloschuk, Dino Tome) – 3:01
  3. Anus of Uranus (Dee Long) – 3:16
  4. Sub-Rosa Subway (Woloschuk, Tome) – 4:36
Face 2
  1. True Life Hero (Long) – 3:25
  2. Doctor Marvello (Woloschuk) – 3:37
  3. Sir Bodsworth Rugglesby III (Woloschuk) – 3:22
  4. Little Neutrino (Long) – 8:25