samedi 7 mars 2015

Queen - Queen II (1974) Hard Rock/Rock Prog'


Il est souvent pratique de dire que Queen a explosé à la face du monde grâce à sa chanson Bohemian Rhapsody tant elle est hors norme, et que son histoire peut ressembler a un conte de fée. Une chanson trop longue et donc refusé par toute les radios et finalement diffusée par un ami de Mercury sur Capital Radio, et là, le casse du siècle, les auditeurs la redemandent encore et encore, elle passera ainsi jusqu'à 14 fois par jour. Depuis, de nombreux sondages font de ce single, le meilleur morceau de l'histoire du rock, pas moins. Et parce que cela ne suffit pas, on lui crédite la naissance du clip vidéo. 

 Et bien non, Queen n'a pas inventé le clip ; Une confusion venant de la technique d'enregistrement de la vidéo, de façon électronique, alors encore unique dans le monde de la musique. Et non Queen n'était pas un petit groupe inconnu lorsque ce morceau est sortit. Ils avaient déjà 3 albums à leur actif, qui avait bénéficié d'un succès croissant. Le public était au rendez vous, les disques d'or aussi. Le premier carton de Queen est plus a chercher dans Killer Queen, ou dans une moindre mesure dans Seven Seas of Rhye extrait de ce qui est peut être le meilleur album de Queen, Queen II, nous y voilà donc... 

 Un 1 an après un premier album plein de charme, Queen décida de se débarrasser de ses influences qui commençaient en 74 a s'essouffler quelque peu (Led Zep, Deep Purple, Uriah Heep, Yes...) pour créer un son qui leur serait propre, une identité forte, ainsi est né Queen II, et autant le dire tout de suite, c'est une véritable réussite. Entre Rock Prog' et Hard Rock, ce disque d'une grande diversité est aussi l'un des plus difficile d'accès. Il n'y a pas de tube formaté pour la radio. L'album peut se décomposer en deux parties. La première composé en grande partie par May est de très bonne facture. Avec un premier morceau Father to Son où se mêle break acoustique et partie Hard rock inspiré. White Queen est un délicieux morceau épique. L'acoustique Some day one day vient apaiser le tout, avant le morceau Hard de Roger Taylor Loser In The End pas fou.

 Et puis Mercury arrive et se charge de la seconde partie de l'album, nous faisant passer d'un très bon album, à un espèce d'ovni musical totalement jubilatoire. L'enchaînement Ogre Battle, The Faily Feller's Master Stroke, Nevermore, March of The Black Queen est tout simplement dément et peut s'apparenter à un seul morceau de rock prog' tant les transitions semblent naturelles. 

 Ogre Battle est un brûlot Hard Rock mélodique plein d'énergie, qui s'enchaîne avec The Faily Feller's Master Stroke sorte de pépite totalement déjantée, mais tellement Queenesque. Le piano qui lie ses morceaux se fait poète dans une ballade parmi les plus belles du rock : Nevermore, qui en 1 min 20 a tout dit. Pour conclure le tout déboule le monumental March of The Black Queen, morceau progressif et épique, où partie hard et break magnifique s'entremêle jusqu’à ce qu'un Chœur s'envole vers la chanson suivante, Funny How Love Is, une petite sucette très joyeuse. Le tout se termine par le premier tube du groupe, Seven Seas oh Rhye si vous avez bien suivi, presque classique, mais tout aussi excellente.

 Une des premières choses qui marque dans cet album, c'est son étonnante cohérence, malgré son incroyable richesse. Tout s'enchaîne le plus naturellement du monde. Et toutes ces chansons, du Hard Rock le plus énergique à la ballade la plus calme sont estampillés Queen II. Le travail de production est ici colossale, avec cette superposition de pistes vocales et de guitares presque à l'infini, du jamais vu pour l'époque. Le son Queen est né, pour le meilleur et pour ... le meilleur.

Tracklist

1. Procession
2. Father To Son
3. White Queen (as It Began)
4. Some Day One Day
5. The Loser In The End
6. Ogre Battle
7. The Fairy Feller's Master-stroke
8. Nervermore
9. The March Of The Black Queen
10. Funny How Love Is
11. Seven Seas Of Rhye

Membres 

Freddie Mercury - Chant, Piano 
John Deacon - Basse 
Roger Taylor - Batterie 
Brian May - Guitare

Mike Oldfield - Amarok (1990) Rock Prog'/Musique du monde


En 1990, Mike Oldfield du haut de ses 20 ans de carrière à déjà tout connu, la reconnaissance de ses pairs, avec quelques unes de ses œuvres les plus accomplies (Ommadawn, Incantation...) et le succès populaire comme le culte Tubular Bells, ou les Pop, To France et Moonlight Shadows. Mais aussi quelques bides...

Alors qu'il devait beaucoup à Richard Branson (Patron de Virgin), le premier à avoir cru en lui, et que réciproquement, celui ci devait à Mike Oldfield son premier succès, des tensions entre les deux hommes commencèrent à poindre. Ainsi, R.Branson désirait la composition d'un Tubular Bells II, ceux que refusait, avec raison, le troubadour Anglais. De ce contexte difficile, naquît Amarok*, l’œuvre la plus excitante de la musique moderne, pas moins.

Il va de soi (comme l'avenir ne le montrera pas...) que Mike Oldfield n'a aucunement cédé à la pression de son patron, bien au contraire, il proposa l'album le moins commercial possible. Ainsi le disque ne comporte qu'une unique chanson de 60 minutes et 2 secondes, et chaque thème n'y est jamais exploité plus de deux minutes, le tout lié par des bruits pour le moins incongrue, comme ce F*** Of R.B dissimulé en morse. La plaisanterie ne fut pas au goût de Richard Branson, Mike Oldfield fut alors prier de prendre la porte après la sortie de cet album, qui ne bénéficia d'ailleurs d'aucune promotion.

Et pourtant... Le patron de Virgin n'a pas eu beaucoup de flair, car dénigrer une œuvre si visionnaire, peu nuire quelque peu à son image auprès des mélomanes. Vous l'aurez compris, ce n'est pas un album que l'on écoute d'une oreille distraite. L'album d'une structure chaotique, multiplie les thèmes et les airs, sans qu'il ne semble y avoir de fil conducteur. Une cinquantaine d'instruments composent ce morceau ! La brosse à dent et le verre d'eau côtoient ici la guitare électrique.  On y trouve quelques instruments exotiques, comme le Ukulele, le Kalimba, le Timpani... Mike Oldfield s'occupe d'ailleurs de pratiquement tout ces instruments, pas question de multiplier les musiciens de session, ou d'utiliser des samples. Les ambiances tissés sont donc multiple, donnant une couleur World Musique à l'ensemble, un peu à l'image d'Ommadawn. On retrouve les rythmiques africaines en fil rouge dans le final, où des airs celtiques, assuré par Paddy Moloney qui re-collabore à l'album, pour notre plus grand plaisir. Mais la ressemblance s'arrête là, si Ommadawn ne faisait que suggérer la folie, Amarok en est affecté jusque dans sa structure.

Des bribes de Folk, ou de Country par ci, des ambiance New Age par là. Pas mal d'Ambiant, du Blues, et de la World musique comme vue précédemment, celtique, africaine, australienne, hispanique... L'album est d'une diversité incroyable, ce qui en rebutera plus d'un. Mais au fil des écoutes, l'auditeur voit sa récompense arrivée. D'abord se dégage quelques mélodies sublimes, comme ce solo de guitare autour de la sixième minute, dont l'air sera repris et déformé plusieurs fois dans le morceau. Un lien entre chaque parties va commencer à se dégager, les enchaînement sembleront plus naturel, subtile. On appréciera de plus en plus l'intelligence sous-jacente à la construction de ce morceau. On remarquera certains airs fil rouge, qui seront repris à plusieurs reprises, sur lesquels se raccrocher, mais qui évolueront au cours de l'oeuvre.

Et ce final, qui s'étale sur plus d'un quart d'heure, structuré autour de ces rythmiques africaines si envoûtantes. Les dernières minutes seront consacrées à un crescendo, où les choeurs s'élèvent jusqu'à atteindre ces dernières notes de guitare limpides, d'une beauté transcendante mais non dénouée d'un puissant impact. Un peu à l'image d'un roman où d'un film, ce final, après une oeuvre si longue, nous laisse dans une torpeur mélancolique, sensation que ne procure aucun autre album.

Mike Oldfield signe donc avec cet Amarok son album le plus expérimental, le plus difficile d'accès, mais surtout le plus fascinant. Un chef d'oeuvre !

*Amarok est une divinité Inuit, l'esprit d'un loup géant. C'est aussi un art martial asiatique. Enfin, l'album à donné le nom à un logiciel de musique sous Linux. Vous pouvez d'ailleurs vous amuser à écouter l'album sur ce logiciel, et y lire le petit message qui s'y affiche.

Tracklist

1- Amarok

Membres

Mike Oldfield - Tout
+ Paddy Moloney
+ Janet Brown

Chronique tiré de mon ancien site : http://thedragonscave.free.fr/liste_chroniques_cd.php

vendredi 6 mars 2015

[Clips du vendredi] Nils Frahm et Philip Glass

Désolé pour les deux semaines d'absence, vacances obligent (comme si beaucoup s'en étaient inquiétés...).


Face claire
On commence par une musique douce, limpide, qui distille ses notes et harmonies avec beaucoup de douceur pour commencer le week-end apaisé.
Il s'agit de Says de Nils Frahm, compositeur de musique electro ambiante, qui fait partie du vivier d'Erased Tapes, dans lequel on retrouve Kiasmos et Olafur Arnalds dont j'ai longuement parlé ici.
Et comme la musique prend souvent (il faut un minimum de talent pour ça) toute son ampleur en concert, c'est un performance live pour KEXP, une station de radio américaine (Seatle) qui propose souvent des perles du genre.



Face obscure

Pas de vidéo cette fois, mais une musique tellement expressive qu'elle se suffit à elle même (comme toute bonne musique me direz-vous. Philip Glass est un célèbre compositeur de musique minimaliste, ce courant qui consiste à développer un thème sur sa (très grande) longueur et en y rajoutant des variations subtiles au fil du temps. Sa réputation l'a amené à élaborer des musiques de films, comme ici, avec Koyaanisqatsi (film conceptuel de 1982) et cet extrait Prophecies, absolument glaçant (pour passer le week end dans son peignoir déprimé). Sa musique a pu également être reprise après coup comme son Metamorphosis entendu dans la fabuleuse série Battlestar Galactica.

Trailer du film : https://www.youtube.com/watch?v=PirH8PADDgQ

lundi 16 février 2015

[News] Premier extrait de Chopin Project


Ólafur Arnalds nous en dit un peu plus sur son Chopin Project avec Alice Sara Ott à travers ce premier extrait : Verses. Sortie prévu le 16 mars 2015. Il a travaillé avec des équipements vintage pour donner un aspect mélancolique à sa musique (c'est vrai que la musique de Chopin est à la base des plus joyeuses...).
Ólafur : "Verses est une nouvelle composition, de moi, qui utilise le fameux motif pour main droite de la sonate pour piano No3 de Chopin et est suivie par cette partie de la sonate jouée dans sa version originale par Alice. [...] Donc vous entendez le premier motif recomposé, arrangé pour un quartet à corde et puis juste quelques minutes vous l'entendrez dans son état d'origine jouée au piano. Ceux que je voulais montrer à mes auditeurs qui est clairement ceux que je fait avec Verses, c'est qu'ils pourraient ne pas réaliser que cette musique est composée autour d'un motif de la sonate à moins qu'ils n'écoutent l'original à côté."



[Interview] Bardi Johannsson (Bang Gang)

Bardi nous explique pourquoi il a tant tardé à sortir un nouvel album de Bang Gang, nous parle un peu de son contenu, de ses inspirations et distille deux trois informations sur lui même. Et annonce la sortie du futur Starwalker.
 
Traduction de l'interview visible ici (en anglais, je ne traduis pas encore l'Islandais^^) : 
 
 Bon retour, Bang Gang, vous nous avez manqué ! La question sur toutes les lèvres, qu'est-ce qui vous a pris si longtemps ?
 
Merci. J'ai été coincé sur d'autres projets jusqu'à maintenant. J'ai écrit un Opera Lady&Bird avec Keren Ann et réalisé l'album, réalisé un EP avec mon nouveau projet Starwalker avec Jean Benoit Dunckel (Air, Darkel, Tomorrow's World), la BO de quelques films comme "De Toutes Nos Forces", "Would you Rather" (Avec Daniel Hunt / Ladytron), réalisé une sélection de mes travaux sur des films et aux théatres (selection of film and theater works of Bardi Johannsson), produit et co-écrit pour quelques artistes et réalisé un best of de Bang Gang (Best of Bang Gang), pour ne citer que les principaux projets musicaux. Puis j'ai été à quelques assemblées pour le Best Party (Besti flokkurinn, partie politique islandais de centre gauche) à Reykjavík...
 
Très occupé donc ! Bref, nous avons aimé "Out of Horizon" et votre description : "Un chemin vers l'espace inconnu où tout est accepté et rien n'est condamné" est succinct et intriguant. Qu'est-ce qui a déclenché l'idée pour cette chanson ?
 
Beaucoup de chansons de Bang Gang sont un peu mélancolique, musicalement et dans les paroles. L'album à venir est très diversifié. Il alterne les chansons les plus sombre que j'ai écrite avec les plus joyeuses. Je pense que les gens sont en général trop réservés et timides. Comment savez vous si vous aimez quelque chose ou non, si vous n'avez pas essayés ? Nous faisons des erreurs, parfois elles nous rendent triste, parfois c'est une révolution. Ces chansons sont un rappel pour moi même pour être plus libre.
 
 
 
Et cet esprit de libération est-il un thème pour le prochain album ? Si vous pouvez déjà nous le révéler, quel en sera le sentiment général ?

Globalement, vous ferez le tour complet des émotions. Tout de la vie à la mort. Il y aura des cœurs brisés, de la noirceur, le plus pur des amours, la confusion, la libération, la mort, la mélancolie et la tristesse.

Qu'est-ce qui vous inspire au quotidien ?
 
Mon inspiration est principalement guidé par de noires images, des instruments, du sexe et de la curiosité.
 
2015 est bien partie pour être une super année, mais quel est votre moment favori de 2014 ?
 
2015 sera à coup sur une merveilleuse année ! Mes moments favoris en 2014 sont tous ceux passés avec ma fille.
 
Et finalement, pouvons nous également attendre plus d'aventures de Starwalker dans un futur proche ?

Nous avons un album complet de Starwakler prêt. Moi et JB (Dunckel) cherchons à réaliser nos projets solo avant que l'album entier de Starwalker ne sorte. Donc d'abord il y aura Bang Gang et ensuite l'album de Starwalker, probablement à la fin de l'été.
 
Super nouvelle ! Takk fyrir (merci beaucoup), Bardi!

vendredi 13 février 2015

[Clips du vendredi] Maschera di cera et Coil.

 Face Claire (Pour finir la semaine sur une bonne note)

Un clip un peu cheap pour ce morceau de Rock Progressif de Maschera di cera, solide formation italienne, qui officie dans un certains anonymat depuis 2001 et qui a déjà à son actif 5 albums. Ce morceau, Orpheus, est extrait de leur troisième cd sorti en 2006 : LuxAde. Du Prog' classique mais efficace.





Face Sombre (Pour déprimer seul ce week end)
 
Coil est un groupe culte de la scène Indus et Electro. Sombre, malsain, glauque, terrifiant, tout est résumé dans ce clip (réunissant Five minutes after violent death et Golden section de l'album Horse Rotorvator), dont la musique stressante et angoissante illustre parfaitement les scènes tirées du film Haxan, posant les jalons de l'imagerie occulte au cinéma (en 1922).






vendredi 6 février 2015

[Clip du vendredi] Perfume Genius - Queen (2014)

Chaque vendredi, je vous posterais une vidéo musicale qui mérite d'être partagée (selon moi).
Pour cette première, un artiste américain, Mike Hadreas alias Perfume Genius, qui propose de la pop/folk avec quelques accents electro. C'est plutôt léger, facile d'accès avec quelques passages aériens du plus bel effet.



Le morceau présenté ici, Queen, est extrait du troisième et dernier album en date de Perfume Genius, Too Bright, sorti en 2014, les deux précédents étant Put Your Back N 2 It (2012) et Learning (2010)